Originaire du Sénégal, ancien membre de la troupe de la chorégraphe Germaine Acogny, Abib Sow enseigne désormais la danse africaine dans cinq villes du Tarn.
Au Sénégal, la musique est partout. Et de la musique à la danse, il n’y a qu’un pas, qu’Abib a franchi, transgressant les us familiaux. Car il est né dans une ethnie peule et, dans cette culture, les hommes ne dansent pas. « Fainéant », « efféminé »… les qualificatifs ne manquent pas pour décourager les danseurs. Mais pas Abib qui, dès ses 14 ans, arrête l’école, rejoint une troupe et commence à danser dans la rue. « J’ai voulu montrer que c’était possible, souffle-t-il, et que cela demande beaucoup de travail. »
La rencontre avec Germaine Acogny, un tournant
Il se fait alors repérer par une association de lutte contre le sida. Abib apprend la comédie et joue des saynètes pour sensibiliser à la prévention. Huit ans plus tard, alors qu’il anime des stages de danse, il rencontre des danseuses franco-brésiliennes qui l’invitent à Hyères où il fait une rencontre clé pour sa carrière, avec Germaine Acogny, ancienne danseuse de Maurice Béjart, connue comme « la mère de la danse contemporaine africaine ».
Intégré à la troupe, il suit une formation de haut niveau et part en tournée internationale durant sept ans. « Avec Germaine Acogny, j’ai appris à canaliser mon énergie, à devenir un vrai professionnel. Elle enseigne la culture de la danse africaine, l’origine de chaque type de danse, la signification de chaque mouvement. » Car dans la culture mandingue – commune à cinq pays de l’Afrique de l’Ouest – ou sabar, propre au Sénégal, chaque danse a sa raison d’être : célébrer une rencontre, un mariage, des récoltes… Il quitte cette belle aventure deux ans après la naissance de son premier fils.
Abib déménage dans le Tarn en 2015 pour se rapprocher du soleil et de Germaine Acogny, alors que celle-ci décide de rentrer au Sénégal pour créer l’école des Sables près de Dakar. Le jeune homme se forme en parallèle au coaching et devient responsable d’une salle de sport à Lescure d’Albigeois avant de se mettre à son compte. Sans jamais lâcher la danse : il crée un spectacle solo, continue les cours, organise des stages d’immersion culturelle et met sur pied, en collaboration avec l’association Jamano, le festival Afrik’Albi qui met à l’honneur depuis quatre ans la culture d’Afrique de l’Ouest sous toutes ses dimensions : gastronomie, artisanat… et danse.
Abib Sow propose aussi des cours de gym collectifs et des accompagnements sur-mesure. Mais il voit déjà plus grand et aimerait créer un vrai lieu dédié au sport et au bien-être pour accueillir des stages de danse, de yoga ou de coaching. Pour l’heure, chaque soir de semaine, il réalise une véritable tournée tarnaise entre Albi, Lavaur, Gaillac, Graulhet et Valence d’Albigeois pour continuer à diffuser l’âme de sa discipline.



