Albigeoise pur jus, Julie Chartrou a pourtant eu des envies d’ailleurs. Partie aux États-Unis pour perfectionner son anglais, elle finit par y vivre treize ans entre le Tennessee, la Californie et l’Oregon, façonnant la personne qu’elle est aujourd’hui. De retour à Albi, elle a retrouvé ses racines sans oublier cette expérience de vie d’expatriée.
Élevée à Albi dans une famille très implantée localement, Julie Chartrou garde un attachement fort à sa ville natale. Mais à 18 ans, l’envie d’ailleurs l’emporte, elle décide de passer un an dans le Tennessee, avec un petit goût de reviens-y… Après un master en management du sport, elle retourne dans le Tennessee afin de suivre un master en communication. Elle découvre une société loin des clichés : « Les gens sont très accueillants et s’émerveillent facilement ».
Un esprit de famille qui lui donne envie de prolonger son séjour grâce à un visa permettant de travailler dans le secteur du diplôme obtenu. Direction la Californie, où elle rejoint sa cousine et décroche un poste mêlant management et communication dans la restauration. En 2013, elle s’installe à Portland, dans l’Oregon, avec son futur mari. Cette ville, qui accueille de nombreux sièges de grandes entreprises, lui ouvre surtout les portes d’un nouveau métier. Après quelques emplois alimentaires, une amie lui propose un poste dans le référencement web chez Google. « C’est là que je me suis découvert une véritable passion pour le SEO », raconte-t-elle. Un domaine alors en plein essor, dans lequel elle évolue malgré un environnement encore très masculin.
En 2019, le couple déménage dans le Tennessee, dans la ville siège de la méga entreprise Eastman, visionnaire dans le recyclage moléculaire des plastiques en polymères non toxiques. « Avec ce poste de manager SEO chez Eastman, j’étais responsable du référencement de tous les sites des marques appartenant à l’entreprise ». Elle y gagne un très bon salaire, travaille depuis chez elle dans la campagne, prend la double nationalité, se plaît. Puis le covid fait tout basculer. Sa mission se développe mais avec la fermeture des frontières, l’impossibilité de rejoindre ses proches, le coût des soins médicaux, c’est le déclic. « On a réalisé l’impact du système de santé sur notre vie personnelle. » Elle perd finalement son emploi, divorce et décide de rentrer en France en 2023. « J’ai réalisé que mon temps dans ce pays touchait à sa fin. »
À Albi, elle retrouve rapidement ses repères et un poste de responsable marketing. Depuis, elle a créé son activité dans le marketing et la communication tout en devenant formatrice. Pour les BTS communication au CFA d’Albi d’une part et pour Purple Campus d’autre part pour les masters anglais professionnel et marketing digital. Enfin, fidèle à ses premières passions, elle a retrouvé le SCA comme bénévole.
De son expérience américaine, Julie retient surtout « cet état d’esprit toujours positif qu’il manque parfois aux Français », mais aussi une ouverture sur le monde. « C’est très enrichissant de voir que tout le monde ne vit pas de la même façon. J’encourage tous ceux qui le souhaitent à vivre cette expérience d’expatrié ! »
Et si l’expatriation lui a beaucoup apporté, son retour lui a confirmé une chose : « On veut souvent partir d’Albi après le lycée, mais on est nombreux à revenir à la quarantaine car il y fait bon vivre ».
