Depuis ses débuts en 1999 à l’INU Champollion en tant que chargé de cours, Jérôme Cabot milite pour une offre culturelle accessible, originale et éclectique en direction des étudiants,
«  Un âge où on forge sa culture de spectateur » précise-t-il.

Professeur titulaire de littérature française en 2004 puis maître de conférences en 2006, il a toujours fait en sorte d’articuler son poste autour de ses passions : la langue française et l’oralité, le spectacle vivant. Alors quand la direction de l’établissement lance en 2004-2005 un appel à bonne volonté auprès des enseignants chercheurs dans l’optique de mettre en place un service culturel, il se porte naturellement volontaire, « Sur l’enthousiasme et avec un plan quadriennal où j’avais posé ma propre lettre de cadrage, car rien n’existait alors ».

Le voici donc chargé de mission culture avec une soif de transmission de la curiosité artistique et un leitmotiv : « Aller au-delà des formes les plus communément consommées ou fréquentées par les étudiants et créer une culture de la fréquentation du spectacle vivant ».

En prenant en charge ce poste, Jérôme Cabot prend à bras le corps la tribune qui lui est offerte, ou plutôt qu’il s’est construite, et qui lui permet de répondre à un autre enjeu : ancrer l’INU dans son territoire, en faire un lieu de culture qui bénéficie aussi au territoire environnant. « L’université avait un rôle à jouer, une fonction sociale à occuper sur une offre culturelle qui ne soit pas redondante avec l’offre commerciale ou celle de la Scène nationale » explique-t-il.
La programmation naît ainsi de formes plus modestes, budgétairement plus légères mais avec la même exigence que n’importe quel acteur culturel.
Et elle s’articule autour de grands projets, devenus aujourd’hui emblématiques du bouillonnement culturel de l’INU : Le Retour du Jeudi, Complot sur le Campus et l’atelier d’écriture.

Le Retour du Jeudi, le rendez-vous hebdomadaire ouvert à tous

Sous forme de Ciné Club la première année (2005), l’événement passe sur le format soirée dès la deuxième année et devient « Le Retour du Jeudi », clin d’œil au Retour du Jedi de la saga Star Wars, choisi pour « Casser l’esprit de sérieux qu’on peut associer au service culturel d’une université, avec une représentation un peu élitiste ou intimidante ». Car Jérôme Cabot aime toujours interroger, surprendre, casser les codes avec lesquels il joue pour mieux les détourner.

Les artistes professionnels s’enchaînent sur le campus, alors sans véritable local dédié, sans équipements et avec un tout petit budget. Mais le jeune chargé de mission a l’intime conviction de participer à la maturité culturelle des étudiants. Et pas seulement : le rendez-vous est ouvert au public extérieur, qui ne s’y trompe pas et se fidélise.
Autre clin d’œil au plaisir du jeu avec la langue française : le bâtiment est devenu le bâtiment Pascal Ambic (en 2009), dédié à la vie étudiante avec notamment le foyer comme lieu de spectacle.
« Ce fut des années fondatrices pour l’établissement et pour ma carrière qui débutait. »

Au fil des années, Jérôme Cabot observe à la fois une moyenne d’âge plus orientée vers les trentenaires-quarantenaires et une montée en excellence artistique des propositions. Les moyens humains et budgétaires sont plus conséquents, les exigences techniques et artistiques ne sont plus celles des premières années. De grands noms s’y succéderont, comme la rappeuse Casey ou le clown Typhus Bronx.

Aujourd’hui le défi est tout autre : faire perdurer la fréquentation étudiante et aller à rebours de la privatisation des consommations culturelles par le canal de l’écran. « Cette fréquentation s’érode, c’est une génération qui a moins la pratique du fréquentation du spectacle vivant, une fréquentation culturelle qui se passe ailleurs avec l’emprise des réseaux sociaux. »

Le Retour du Jeudi, le rendez-vous hebdomadaire ouvert à tous

Le festival Complot sur le Campus fête ses 20 ans !

La première édition en 2006 est partie d’une profonde volonté de créer une culture du bénévolat sur un campus qui n’en avait pas l’habitude. L’idée : réunir sur le campus étudiants et Grands Albigeois sous un chapiteau, autour d’une programmation musicale éclectique. Le tout pris en charge par des étudiants bénévoles : catering, buvette, installations…
L’événement, cofondé avec l’association écologie environnement « Envisage » et l’AFEV, porte une intention écologique dès le départ : « à l’époque nous étions précurseur des pratiques écologiques comme l’emploi d’écocups, la présence de toilettes sèches… »

En avril 2026, Complot sur le Campus fêtera donc ses 20 ans. « L’idée c’est de créer une agitation poétique autour de cet anniversaire. » Pour beaucoup d’anciens étudiants aujourd’hui dans la vie active, c’est devenu un rituel, l’occasion de revenir sur le campus d’Albi. C’est d’ailleurs l’objectif de cette vingtième édition : faire revenir les anciens (étudiants, festivaliers, bénévoles).

L’atelier d’écriture : la plume de Jeff Champo

’année 2005-2006 marque aussi la première année de l’atelier d’écriture, que Jérôme Cabot définit comme « Écriture créative et auto-édition ». Chaque semaine, des amoureux de la langue (débutants ou aguerris) produisent des textes insufflés par une consigne : travail sur un type de texte, des mots imposés, etc. En fin d’année les textes sont publiés sous le pseudonyme de Jeff Champo. En tout, 17 ouvrages seront édités. Depuis trois ans, les articles sont passés au format web. Chroniques du campus, parodies, cabinet de curiosités… sont à retrouver ici : https://blogs.univ-jfc.fr/jeffchampo/

Mais pour cette année anniversaire, il est question de décliner certains textes en dazibao (journal mural affiché dans les lieux publics), pour les formes qui s’y prêtent (poésie, aphorismes…).
Ouvrez l’œil !

Jikabo, ou l’art de l’oralité

Maître de conférences en littérature française, responsable pédagogique de la Licence Pro Gestion de projets et structures artistiques et culturels/Développement culturel des territoires ruraux à l’INU Champollion, chargé de mission culture, slameur, auteur pour son duo nommé « Double Apax » avec Bruno Izarn… Sous son nom de scène « Jikabo », il déploie tour à tour ses talents multiples, multiformes, pour la promotion de l’oralité, le plaisir de jouer avec les sons qui claquent, qui sifflent, avec les mots qui émeuvent, qui choquent, avec des textes qui touchent ou questionnent.
Questionner, encore et toujours, sous différentes formes. Et pourquoi pas par l’art du clown ? Devenir clown d’intervention sociale, par une formation puis une certification professionnelle dans le cas de Jérôme Cabot, c’est proposer une restitution poétique, absurde, d’une conférence, un colloque ou un congrès par exemple. « C’est surgir et faire par le clown ce que je fais déjà par le slam, c’est à dire une restitution décalée, oratoire et un peu insolente pour pointer les non-dits, les présupposés et créer des résonances. »
Pour résumer l’art du clown, c’est « une pratique à la croisée du geste artistique et du geste scientifique » souligne l’artiste-professeur. Ce fut le cas lors de la Nuit européenne des chercheurs au mois d’octobre où Jikabo a interpellé les participants avec son intervention piquante, humoristique, incisive.

Une autre corde à son arc – acéré. Une pratique qui lui ressemble et le rassemble tout entier :
« Un endroit où je mêle tout ce que je fais et tout ce que je suis ».

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