Ces grandes dames élégantes font partie du paysage du Grand Albigeois. Les plus matinaux ont la chance d’observer leur ascension dans le silence de l’aube, uniquement interrompu par le grondement des brûleurs. Grand A a pu monter dans une nacelle pour vous faire vivre cette aventure aérienne exceptionnelle.
Le réveil sonne à 4h30 avec la promesse d’une journée extraordinaire. Comme quand, gamin, il fallait se lever tôt pour éviter les bouchons sur la route des vacances. Ce matin, des bouchons, il n’y en aura pas car nous prendrons les routes du ciel.
Le rendez-vous est donné à 5h45 au stadium d’Albi. Nous nous reconnaissons tout de suite entre nous, les passagers du vent. Laurent Pailhous, gérant et pilote d’Atmosph’Air Montgolfières Occitane, fait l’appel avant un briefing sur les consignes de sécurité. Puis les camions nous emmènent vers le site de décollage, choisi selon le sens du vent. Ce matin ce sera les bois de Saint-Quintin à Cagnac-les-Mines. Le lieu d’atterrissage, lui, reste encore inconnu. Cela fait partie de la magie.






Nous embarquons, le pilote contacte la tour de contrôle pour donner les informations officielles : numéro de vol, nombre de passagers, heure et site de décollage, direction. Un grand coup de brûleur retentit, la nacelle se décolle du sol… et le voyage commence, au rythme du lever de soleil à l’horizon.
Les pieds bien ancrés au sol de la nacelle en lévitation, nous passons au-dessus de Cagnac-les-Mines, Albi puis Fréjairolles. Laurent Pailhous nous précise que chacun d’entre nous profitera de la vue à 360 degrés grâce à la rotation de la nacelle, rendue possible par le jeu des deux brûleurs. Technique et magie se mêlent.



Sous nos yeux, les paysages flottent à la lumière dorée du soleil levant. Nous passons au-dessus de la cité épiscopale, point d’orgue de notre vol. Nous découvrons une vue unique sur cet ensemble architectural majestueux. Comme promis, la nacelle pivote délicatement pour que chacun profite du spectacle. Sans soubresauts, sans à-coups et sans aucun bruit autour. Nous admirons en silence et en toute humilité.
Le ballon continue paisiblement sa montée, l’imposante cathédrale se fait toute petite sous nos pieds, nous partons vers la campagne albigeoise et ses couleurs changeantes, comme des tableaux animés. Nous atteignons 400 mètres d’altitude, là-haut c’est un havre de paix.






Au bout d’une heure, il est temps de redescendre. Le pilote observe les champs possibles pour l’atterrissage : en jachère ou déjà moissonnés. Nous revoilà sur la terre ferme. Au sol les camions ont suivi le trajet pour nous récupérer en fin de vol. Tout l’équipage profite d’un temps d’échange et célèbre cette aventure en trinquant.
Les passagers repartent avec un diplôme de vol, et surtout, des souvenirs extraordinaires.
Nous en avons pris plein les yeux. Promesse tenue.





Rencontre avec Laurent Pailhous, pilote et gérant d’Atmosph’Air Montgolfières Occitanes
Laurent Pailhous, gérant d’Atmosph’Air Montgolfières Occitane depuis sa création en 2010, partage sa passion pour l’aéronautique avec les passagers.
Quel est votre parcours ?
Passionné d’aéronautique depuis toujours, j’ai eu la chance de vivre mon premier vol en montgolfière à l’âge de 16 ans dans l’Aveyron, un vol offert par mon oncle.
J’ai fait mes études au lycée Rascol d’Albi puis à Toulouse pour un DUT génie civil. J’ai travaillé dans l’industrie à Colmar puis je suis revenu dans la région avec un poste dans l’industrie automobile. Mais j’avais une idée en tête depuis des années : proposer des vols en montgolfières pour les touristes.
Comment est né Atmosph’Air Montgolfières Occitanes ?
Au départ je pensais créer une association pour organiser des vols en ballon. Lorsqu’Albi a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, je me suis dit que c’était une belle opportunité de profiter de la clientèle touristique. J’ai donc finalement monté une société.
Combien de vols assurez-vous chaque année ?
La saison démarre au 1er avril et se termine au 31 octobre. Nous prenons en charge en moyenne 80 vols comportant 3 ballons.



Quelle est votre clientèle ?
Alors que je pensais toucher essentiellement les touristes, il s’avère que la plupart de mes clients sont des locaux (à 150 km autour d’Albi). Le plus souvent, ce sont des cadeaux d’anniversaire de mariage, de retraite… Les mois de juin et septembre sont souvent plébiscités par la clientèle de séniors et seniors+, mais nous avons des actifs, des familles.
Comment sont choisis les sites de décollage et d’atterrissage ?
Chaque plateforme de décollage est agréée par la DGAC (Direction générale de l’Aviation civile). Le site doit être assez grand pour accueillir les 30m d’envergure de l’enveloppe et un recul supplémentaire de 20m pour l’installer et faire les manœuvres. Nous avons une liste de plusieurs sites possibles de décollage, qui sont choisis le matin même en fonction de la direction du vent. On essaie à 99 % des fois de passer au-dessus de la cité épiscopale d’Albi.
L’atterrissage ne peut être déterminé à l’avance. Au bout d’une heure de vol, on cherche un site qui peut nous accueillir. Ce sont des champs de propriétaires privés, en jachère ou déjà moissonnés : on respecte les cultures. Dès qu’on atterrit, on replie les enveloppes, en 15 minutes on quitte le site.
Quelle est la réaction des passagers après le vol ?
Il y a souvent une petite appréhension qui disparaît aussitôt. Quand ils nous voient à l’œuvre, les clients sont rassurés. Ils voient qu’on est des professionnels, qu’on maîtrise la sécurité et ils sont mis à l’aise. Et pour ceux qui ont le vertige, je précise : il n’y a aucune sensation de vertige puisque rien ne nous relie au sol !
Après dix ans de vols, ressentez-vous toujours la magie ?
Je suis toujours émerveillé ! Chaque vol est différent : les couleurs changent, on n’atterrit jamais au même endroit, on ne survole jamais à la même altitude…
Des projets, nouveautés à venir ?
Je travaille sur un nouveau site de décollage qui devrait aboutir prochainement… à suivre !