Sandrine Calvet, Cunacoise d’origine, est enseignante à la Royal Russell School de Londres, une école privée parrainée par la famille royale. Elle nous raconte cette vie multiculturelle passionnante.
Depuis maintenant dix-huit ans, Sandrine Calvet arpente chaque jour les 40 hectares du domaine de la Royal Russell School, une école privée du comté de Croydon dans le sud de Londres. Retour sur son parcours, de Cunac à Londres.
Passionnée par les langues dès le collège, la jeune fille y consacre ses études : français langue étrangère (FLE), licence d’anglais et maîtrise de russe. Après un diplôme d’enseignante à l’université d’Oxford, elle s’installe en Angleterre. Après 2 ans dans une école publique dans le Norfolk, elle souhaite se rapprocher de Londres. Elle intègre alors la Royal Russell School en tant qu’enseignante de français et espagnol pour des élèves de la 6e à la terminale, en classes mixtes : « Un grand écart d’âge qui permet une variété de leçons, de thèmes et d’approches pédagogiques ».
Royal Russell School de Londres : internationale et multiculturelle
Ses élèves viennent des quatre coins du monde : Asie, Europe…. Ce sont parfois des enfants de diplomates ou de célébrités dans leur pays mais tous sont venus chercher l’expérience de l’excellence de l’éducation britannique. Une communauté internationale qui apporte une vraie richesse à l’école, aux enseignants et aux élèves.
Au-delà des enseignements obligatoires, l’école offre diverses compétences : technologie alimentaire, étude des religions, étude des médias, psychologie, politique, commerce et bien sûr de nombreuses langues étrangères. Les arts également avec l’organisation de comédies musicales, sans oublier une place importante pour le sport, notamment le netball (un dérivé du basket-ball, né en Angleterre). « C’est un endroit qui permet aux élèves de se développer en tant que personnes. Faire partie de leur parcours m’apporte un sentiment d’accomplissement, je me sens privilégiée d’enseigner dans ce cadre. »

Tout est fait pour créer de l’émulation. À l’image du Model United Nations (MUN), simulation du travail des Nations Unies, dont Sandrine est la directrice. Une conférence internationale est organisée chaque année avec 700 participants du monde entier, de la Californie au Japon. Les élèves ont le rôle d’ambassadeurs, ce qui les encourage à développer des compétences d’orateurs, de négociateurs et de diplomates. « C’est un tremplin pour les élèves qui poursuivent en droit, diplomatie, justice », souligne Sandrine.
Une « maison » attribuée à chaque élève
Chaque élève se voit attribuer une « maison », à l’image de la saga Harry Potter. Elles sont au nombre de neuf au total. Des événements sont organisés entre elles : jeux, sorties, compétitions, afin de créer un sentiment d’appartenance et un cadre plus familial pour les internes : « C’est la maison loin de la maison ». Directrice adjointe de l’internat des filles, Sandrine a su créer un rapport de confiance et une complicité avec ses internes : « On est un petit peu les parents, les élèves savent qu’il y a toujours quelqu’un à qui parler ». En tant que non-Britannique, elle peut aussi comprendre les manques et les inquiétudes des élèves étrangers.

Garder le lien avec les anciens élèves
Entre élèves et enseignants, c’est un lien privilégié qui perdure : « Il y a un vrai attachement, je garde contact avec les anciens élèves, certains ont passé 15 ans de leur vie dans cette école. »
L’école organise des événements pour les anciens élèves. Certains viennent raconter leurs parcours aux nouveaux. Quant aux élèves de l’année, ils assistent à une cérémonie de célébrations qui met en lumière les réussites de l’année : académiques, scolaires, sportives, culturelles…
Sandrine revient en France régulièrement, « Parce que j’aime l’atmosphère, la cuisine, mais surtout pour mes parents à Cunac et mes proches ». L’Angleterre est sa maison d’adoption, la France reste ses racines. « J’essaie de prendre le meilleur des deux. »
