Laurent Déléris et son associé Aurélien Mazzoni ont élaboré une technique de fabrication de lessive 100 % naturelle, à base de cendres. Explications.
Ingénieur de recherches à IMTMines Albi, Aurélien Mazzoni découvre en 2022 un projet en incubation qui attise sa curiosité : la valorisation de la cendre de bois par la fabrication de lessive. Aurélien fabriquait déjà personnellement sa lessive avec les cendres de son poêle, « Donc le projet m’a parlé, j’ai souhaité rencontrer le responsable, Laurent Déléris, qui cherchait un associé ».
Aurélien se consacre alors à la partie R&D, Laurent se charge de la commercialisation et des relations partenariales. Ensemble, ils créent la lessive « aurore », 100 % naturelle, commercialisée dans des Intermarché du Tarn, dont Le Séquestre, ainsi qu’au Drive en Pot à Albi. L’entreprise est soutenue et accompagnée par le centre RAPSODEE et l’incubateur technologique d’IMT Mines Albi.
Une démarche d’économie circulaire
Dans leur modèle d’économie circulaire, la cendre est déjà utilisée dans la fabrication de lessive commercialisable. Leur prochain objectif est de trouver une voie de valorisation de la cendre résiduelle, celle restante après fabrication.
Le circuit local est également important avec une implantation de micro-usines dans le Tarn et la Haute-Garonne pour récupérer et réutiliser au plus près des chaufferies.
Autre objectif : remettre au goût du jour la consigne. La lessive est commercialisée en bidons plastiques de 2,5 litres consignés, « Mais il y a encore un besoin de sensibilisation sur cette pratique » souligne Aurélien. « Il faut faire prendre conscience aux gens que même si le bidon plastique est recyclable, il doit être transformé… L’idéal étant d’en utiliser le moins possible. »
La recette secrète d’ash’UP
Les cendres, récupérées des chaufferies locales, sont mélangées avec de l’eau qui est enrichie naturellement par les extraits de la cendre. Le mélange est filtré, la cendre solide est séparée de la partie liquide enrichie. Techniquement, la cendre en entrant au contact de l’eau l’enrichit en soude et en potasse qui sont des agents dégraissants naturels. On obtient donc quasiment autant de quantité de cendre à l’entrée qu’à la sortie du processus de fabrication. La lessive, elle, est très fluide, d’une teinte pouvant varier du jaune clair à l’ocre clair. « Il reste désormais à valoriser ce reste de cendre, précise Aurélien. Plusieurs voies sont à l’étude : dans le BTP, dans l’agriculture pour enrichir les sols ou dans le compost. La voie qu’on privilégie aujourd’hui est l’application dans le génie civil en remplacement de ciment, de chaux, de sable… ».

Les prochains défis
Pour les deux associés, l’objectif est donc de traiter la cendre en logique produit et non en logique déchets. Il faut pour cela passer des obstacles réglementaires. Il faut aussi sensibiliser le grand public et les commerçants, parfois frileux. « C’est le rôle de notre apprentie développement commercial qui organise des animations dans les grandes et moyennes surfaces pour sensibiliser, faire connaître » souligne Aurélien.
Enfin, les prochaines évolutions en préparation sont axées sur la texture de la lessive et l’ajout de parfum, pour faciliter l’adhésion des clients.